Des milliers de pharmaciens venus de différentes régions du Maroc ont convergé vers le siège du Conseil de la Concurrence. À l’appel de la Confédération des syndicats de pharmaciens du Maroc (CSPM), ils ont exprimé leur rejet d’un avis récemment publié par l’institution.
Ce texte recommande notamment l’ouverture progressive du capital des officines à des investisseurs non issus de la profession. Une orientation perçue par les manifestants comme une menace directe à l’indépendance du métier et à sa mission de service public.
Le président de la CSPM, le Dr Mohamed Lahbabi, a alerté sur les risques d’une telle réforme, estimant qu’elle pourrait favoriser l’entrée d’acteurs financiers puissants dans le secteur. Selon lui, cette évolution entraînerait une concentration du marché au détriment du maillage actuel des pharmacies sur le territoire.
Les professionnels craignent également une transformation profonde du modèle économique des officines, avec l’émergence de chaînes de pharmacies où les pharmaciens deviendraient de simples salariés. Un scénario déjà observé dans d’autres pays, où la concentration du secteur a conduit à la disparition progressive des pharmacies indépendantes.
De son côté, le Conseil de la Concurrence défend une vision différente. Il propose d’assouplir progressivement les règles de propriété afin d’attirer des investissements privés susceptibles de moderniser les infrastructures, améliorer l’organisation du secteur et encourager de nouveaux modèles économiques.
Le débat intervient dans un contexte où le Maroc compte plus de 15.000 pharmaciens et un marché du médicament évalué à environ 25 milliards de dirhams, incluant l’industrie pharmaceutique, la distribution et les grossistes-répartiteurs. Un secteur stratégique, au cœur d’enjeux économiques, sociaux et sanitaires majeurs.


